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dimanche 15 mai 2016

Coutumes de la Pentecôte d'autrefois à aujourd'hui en Alsace

Cortège carnavalesque, fleurs, branchages, en Alsace on fête la Pentecôte avec le Pfengschtflitteri ou encore le "feuillu de Pentecôte", l'esprit de la nature ; l'espoir de bonnes récoltes.

 
Le feuillu de Pentecôte, coutume alsacienne, source Tourisme Alsace http://www.tourisme-alsace.com/fr/327000055-Le-Cortege-du-Feuillu-de-Pentecote.html

Le rustre et les belles fêtent la nature, le vent du Saint-Esprit

A la mi après midi, toute la jeunesse était en fête, les garçons entre 7 et 12 ans déambulaient dans les rues, accompagnés d'un jeune garçon désigné le Pfingstoklotz. Ce dernier semblait symboliser le démon ou l'esprit de la végétation. Il portait de vieux vêtements, un masque de vieille figure, ainsi qu'un vieux chapeau. Sa tête était entourée de verdure et de fleurs, sa taille était encerclée par une ceinture de paille. Deux compagnons encadraient le Pfingstklotz, ils avaient le visage maquillé en noir et portaient des branchages de verdure et des fleurs. C'est ainsi que le Pfingstklotz farceur déambulait avec sa troupe de maison en maison, chantant des couplets en dialecte alsacien. A l'issue de leur cantate, les enfants recueillaient dans un large panier à deux anses, de la nourriture, du lard, des oeufs, mais aussi du vin. A la fin de la journée, les enfants festoyaient dans un verger, pour manger et boire, libres sans aucune surveillance...
Toujours en Alsace, près de Strasbourg, avait lieu une fête similaire. Le Pfingstklotz devenu le Morter déguisé de la même façon était tiré d'une main par une grosse corde lui enserrant la taille par un garçon. Ce dernier le tiraillait ainsi dans le village en le menaçant d'un gros bâton.
Les filles n'étaient pas en reste, elles parcouraient le village, deux par deux, portant pour certaines des petits seaux pour le vin, pour d'autres, un panier destiné aux dons de nourriture. En tête du cortège féminin, une jeune fille arborait une tenue entièrement blanche, recouverte d'un long voile blanc partant de la tête au bas du dos. Une couronne de fleurs des champs scindait sa tête. Sa main gauche maintenait celle d'une petite fille portant un voile blanc (ne recouvrant pas le visage), tandis que sa main droite tenait un bouquet de fleurs cultivées au jardin. Cette petite fille était elle aussi coiffée d'une couronne de fleurs sauvages. De ce ravissant cortège, plein de grâce, de fraicheur et d'innocence émanait un hommage à la renaissance du printemps, comme une fête de la nature.
En Alsace, chaque année on peut encore de nos jours, assister au traditionnel cortège du Pfengscpfitteri, le feuillu de Pentecôte (voir photo ci-dessous). Cette fabuleuse procession regroupe 30 chevaux, des animaux domestiques et une centaine de villageois. L'écomusée d'Alsace fait ainsi revivre les dimanche et lundi de Pentecôte cette tradition moyennageuse: le cortège de Pentecôte de Baldenheim. Le Pfengscpfitteri est décrit comme une sorte d'homme sauvage qui représente l'esprit de la nature. Autrefois, on capturait le feuillu pour le noyer dans la fontaine du village. Cette pratique avait pour but de s'assurer de bonnes récoltes à venir.
Du côté de Bouxwiller, les jeunes gens réunis après l'office parcouraient les villages en faisant claquer leurs longs fouets. Le meilleur d'entre eux devenait roi de la Pentecôte. Ici le bruit du fouet était sensé symboliser le bruit du vent produit par la descente du Saint Esprit.

A voir : 

Sources :
Revue de folklore français / organe de la Société du folklore français, Paris, 1930-1942
 Revue des traditions populaires , 1886-1919

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