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dimanche, mai 15

Pentecôte : coutumes, traditions, croyances et jeux (France, régions, Belgique)

Un voyage dans le temps d'antan à nos jours au fil des fêtes de la Pentecôte en régions de France et en Belgique. 

 

Traditions, coutumes, superstitions, jeux de Pentecôte






La Pentecôte est une fête mobile qui à lieu 50 jours après Pâques. Tout comme ces fêtes, on retrouve certaines pratiques liées à la régénération du feu, d'autres au renouvellement, à la renaissance de la nature.

Le symbole du feu

Des feux étaient autrefois allumés sur les hauteurs pour faire fuir les mauvais esprits et les épidémies. Au Moyen-Age, le jour de la Pentecôte était dédié aux processions de cierges allumés censés éloigner les animaux nuisibles. Enfin le symbole du feu est puissant pour la Pentecôte, il représente les langues de feu transmises aux apôtres.

Les Pâques roses ou la Pentecôte, comme hymne à la nature (colombes, fleurs des champs et roses)


La fête de la Pentecôte survient à la saison des roses. Cette fête est liée à la nature et au don des langues ; celles qui justement permettent de dispenser le "salut universel" dans la religion chrétienne. Pour symboliser les langues de feu qui se posèrent sur les disciples de Jésus, leur permettant ainsi de s'exprimer dans d'autres langues que le galiléen ;  il était de coutume de jeter du haut des voûtes de l'église des pétales rouges.
L'après midi des Pâques roses, avait lieu en Bretagne le pardon des oiseaux. A cette occasion, étaient vendus et achetés des petits oiseaux porte-bonheurs. 
 
Dans certaines régions de France, les enfants de choeur faisaient descendre un pigeon blanc couronné de fleurs. Ce dernier symbolisait le Saint-Esprit, les enfants, lui jetaient des fleurs rouges représentant les langues de feux déposées sur les disciples. 

Parfois aussi, à l'occasion de la Pentecôte on distribuait des chapeaux de fleurs aux anciens marguilliers (chargés du registre des personnes, administrateurs des biens de la paroisse) et on lâchait un pigeon  dans le choeur. Parfois, c'était au centre d'un cercle dessiné avec des chapeaux de roses que la colombe emblématique était descendue. L'autel était alors paré de pépiots et de violettes cueillis par les enfants.
Telle une fête à la nature, au printemps, notons les hommages fleuris des abbayes voisines à l'abbesse de Remiremont en Lorraine. Cette dernière était alors comblée de senteurs constitués de roses sauvages, de lilas, de guirlande de genêt ou de cerisier pour la Pentecôte.


Dans certaines villes de France et notamment Lagny il semblerait que la population ait souhaité représenter les jeux floraux des Romains le jour de la Pentecôte. Certains, au lieu de se rendre à l'église, allaient cueillir des rameaux, pour ensuite se livrer à certains jeux. Parfois, on pouvait rencontrer des individus revêtus d'habits de feuilles, masqués de végétaux. Ils étaient aussi quelques fois coiffés d'un amusant chapeau vert pointu, lors des calvalcades de la Pentecôte. Encore de nos jours, ont lieu les fêtes de la Pentecôte avec la Cavalcade, comme par exemple à Parthenay en région Poitou-Charentes.

Ces symboles puissants de la Pentecôte sont parvenus en cuisine, sous la forme d'un gâteau contenant à l'instar de la galette des rois une fève en forme de colombe. Sur le dessus, on retrouve l'image d'une colombe tandis que ses côtés sont décorés de motifs floraux. Découvrez l'origine et la recette du colombier de Pentecôte.

La Pentecôte d'autrefois, en Belgique


Dans certaines églises de Belgique, des petits bengalis ou des mésanges étaient libérés au dessus des fidèles, dès que l'encens était brulée. Certaines fois, ces petits oiseaux maintenus par des fils, descendaient le long de la voûte de l'église en même temps qu'une couronne de fleurs.
Dans le Hainaut (Belgique, Provence de Wallonie), Pâques roses c'était la foire aux maris. Ainsi, les garçons conviaient les filles souhaitant un époux et le lendemain, c'était au tour des filles d'inviter les célibataires. Cette joyeuse escadrille déambulait en cortège, de villages en villages pour terminer la soirée en banquet et en danses.

Les croyances agricoles de la Pentecôte

  • C'est à cette époque que l'on plante les maïs en Alsace. C'est également l'occasion de faire bénir les champs.
  • En Franche-Comté, les paysans fabriquaient à cet effet des petites croix en joncs, autant qu'ils avaient de terre. Elles étaient présentées au curée, qui les bénissaient. Chacun partait ensuite planter sur ses terres ces petites croix bénies, dans l'espoir de belles récoltes à venir.
  • En Bretagne, Moncontour en Côte d'Armor, on évoquait Saint Mathurin aux fins d'avoir une bonne santé, de beaux bestiaux et de belles récoltes. Ces derniers émettaient leur souhait ainsi: "Saint Mathurnin de Moncontour, donnez du bon blé noir à nou", lors de leur pèlerinage. Sur place, étaient vendus des moules de plomb, que les pèlerins portaient au cou ou au chapeau durant la fête et leur retour. La croyance voulait que ces images, enfilées dans un cordon et suspendu au cou, protégeait des maladies, des balles, des morsures de chiens et d'autres maux.
  • Le pèlerinage de Sainte Brigitte (Brixhe) en Belgique avait lieu le premier dimanche de mai et le lundi de la Pentecôte. Au moment de l'offrande, après la messe, les paysans défilaient alors devant un grand bassin de cuivre jaune gravé d'images animaux, rempli de terre. Chacun passait alors sa main sur les animaux et prenait un peu de terre pour la mélanger à la nourriture des bêtes. Ces gestes rituels, croyait-on écartaient les épizooties (maladies d'une espèce animale).
 

L'arbre de la Pentecôte à Mâcon, en Saône et Loire (XVIIIè siècle)

A l'Eglise cathédrale de Saint-Vincent, était placé, le jour de la Pentecôte, un arbre de temps immémorial au milieu du choeur. Ce dernier subsistait ainsi pendant l'octave et devait servir plus tard au feu de la veille St Jean-Baptiste soit le 23 juin.

 

La course aux oeufs de la Pentecôte

Rassemblés dans une prairie, des jeunes gens se séparaient en deux équipes et sélectionnait leur champion coureur. Le lundi de Pentecôte, cent oeufs étaient disposés, peu espacés, le long d'un sentier. Ensuite la fonction des coureurs était tirée au sort, l'un ramassait les oeufs et les plaçait dans un panier, l'autre devait boire une chopine de vin chez un aubergiste et en rapporter le verre. L'équipe gagnante était celle qui accomplissait au plus vite sa tâche. Puis, venait ensuite un dîner composé des oeufs que l'équipe avait collecté.
De ces traditions et fêtes ressortent de puissantes significations et représentations liées à l'amour, à la nature, au feu, liées l'origine chrétienne de la Pentecôte.
 A voir : 

Sources :
Revue de folklore français / organe de la Société du folklore français, Paris, 1930-1942
Revue des traditions populaires , 1886-1919
 

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